Face aux embouteillages et à l’occupation des abords des routes, la mairie de Yopougon veut réorganiser les gares de transport interurbain. Le député-maire Adama Bictogo a donné une semaine aux compagnies concernées pour proposer une solution durable, tout en assurant vouloir préserver leurs activités économiques.
La mairie de Yopougon entend mettre fin à l’installation des gares routières en bordure des voies publiques. Ce lundi 12 octobre 2026, le député-maire Adama Bictogo a rencontré une quarantaine de responsables de compagnies de transport interurbain afin de trouver une issue à une situation qui perturbe la circulation dans la commune.
Au terme des échanges, les transporteurs disposent d’une semaine pour formuler une proposition définitive. La municipalité envisage notamment la création d’une gare provisoire centralisée, destinée à accueillir les cars dans un espace organisé et adapté à leurs dimensions.

Yopougon veut mettre fin aux gares routières en bordure des routes
Porte de sortie d’Abidjan vers l’intérieur du pays, Yopougon accueille quotidiennement de nombreux cars de transport interurbain. Le chargement et le débarquement des passagers s’effectuent parfois directement sur la chaussée, contribuant aux difficultés de circulation.
Au carrefour Gabriel-Gare, les embouteillages sont particulièrement récurrents aux heures de pointe, notamment autour de 17 heures. Ces ralentissements affectent également les déplacements au-delà des limites de la commune.
Face à cette situation, Adama Bictogo souhaite une réorganisation du secteur. Le maire estime que Yopougon ne saurait continuer à supporter les conséquences d’un problème qui concerne plus largement les déplacements entre Abidjan et l’intérieur du pays.
Selon les informations communiquées lors de la réunion, 43 gares routières ont déjà été recensées dans la commune.
Une gare provisoire centralisée à l’étude
Pour répondre aux difficultés constatées, la mairie propose une gare provisoire centralisée, dotée d’une circulation interne permettant d’accueillir des cars mesurant entre 9 et 14 mètres.
Le calendrier annoncé est serré. « Dans une semaine, on doit avoir la solution définitive », a prévenu Adama Bictogo, précisant que les transporteurs devront pouvoir déterminer les sites qu’ils pourront occuper dans un délai de deux à trois mois.
La municipalité entend notamment supprimer les gares installées en bordure des routes. En revanche, les compagnies disposant de sites suffisamment éloignés de la chaussée, comme UTB à Andokoua, pourront conserver leurs installations.
La gare située à proximité du Centre hospitalier universitaire (CHU) de Yopougon devra, quant à elle, quitter son emplacement avant la fin du mois d’octobre.
Le déménagement des différentes compagnies ne devrait toutefois pas intervenir simultanément. Selon un responsable technique de la mairie, l’opération se fera progressivement, sur la base d’une évaluation des besoins et des contraintes techniques.
Les transporteurs préoccupés par les conséquences économiques
La réorganisation envisagée suscite également des inquiétudes chez les professionnels du transport interurbain. Certaines gares seraient fermées depuis près de six mois, selon les éléments évoqués lors de la rencontre.
Abdoul Wahab, président de la compagnie C-Atrans, a notamment attiré l’attention sur les conséquences économiques de cette situation. Derrière les entreprises concernées se trouvent des centaines d’emplois et des engagements bancaires qui continuent de courir.
Conscient de ces préoccupations, Adama Bictogo a tenu à rassurer ses interlocuteurs. « Je ne suis pas là pour créer la faillite des sociétés », a-t-il assuré, affirmant vouloir améliorer l’organisation du secteur sans compromettre la pérennité des entreprises.
Le maire présente les transporteurs comme des acteurs économiques importants pour la commune. L’objectif affiché est donc de structurer leur activité et de mieux encadrer l’occupation de l’espace public, plutôt que de fragiliser les compagnies.
Un atelier technique prévu mercredi
Un autre défi reste à résoudre : déterminer avec précision les besoins réels des compagnies.
Les transporteurs ne disposent pas encore de données consolidées sur le nombre de départs qu’ils assurent quotidiennement. Or, pour la mairie, le nombre de cars possédés par une entreprise ne suffit pas à dimensionner une gare. Il faut également connaître leurs rotations, c’est-à-dire le nombre de trajets effectués sur une période donnée.
Un atelier technique est prévu ce mercredi 14 octobre 2026 afin d’établir ces données. Les résultats de ces travaux devraient contribuer à définir les capacités d’accueil nécessaires et à organiser les déplacements des cars dans les futurs sites.
Une semaine pour parvenir à une solution
La rencontre entre la mairie et les compagnies de transport ouvre une phase de concertation dont l’issue dépendra notamment de la disponibilité des sites, de leur capacité d’accueil et de la prise en compte des contraintes économiques des transporteurs.
La municipalité veut améliorer la fluidité de la circulation et mettre fin à l’occupation des abords des routes. Les professionnels, eux, doivent pouvoir poursuivre leurs activités dans des conditions viables.
Les transporteurs ont désormais une semaine pour proposer une solution définitive. L’enjeu sera de parvenir à une organisation qui réponde aux exigences de circulation urbaine sans compromettre les emplois ni pénaliser les voyageurs.
Chris Monsékéla avec Sercom Mairie de Yopougon