La Côte d’Ivoire enregistre environ 20 000 nouveaux cas de cancer chaque année, dont 5 000 cancers du sein. Lors du Conseil des ministres du 14 octobre 2026, le gouvernement a présenté les dispositifs de dépistage et de prise en charge, tout en rappelant que la détection précoce demeure un défi majeur.
La lutte contre le cancer reste un enjeu important de santé publique en Côte d’Ivoire. À l’occasion de la campagne « Octobre Rose », consacrée à la sensibilisation et au dépistage du cancer du sein, le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, Pierre Dimba, a présenté un état des lieux de la situation sanitaire au cours du Conseil des ministres du mercredi 14 octobre 2026.
Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, environ 20 000 nouveaux cas de cancer, tous types confondus, sont enregistrés chaque année dans le pays, dont 5 000 cas de cancer du sein. Environ 6 000 dépistages sont également réalisés annuellement.
Ces données mettent en évidence l’importance du dépistage et de l’accès aux soins dans la lutte contre la maladie.
Cancer du sein : le dépistage précoce au cœur d’Octobre Rose
Chaque année, la campagne Octobre Rose offre l’occasion de sensibiliser les populations aux cancers, particulièrement celui du sein, et d’encourager le recours au dépistage.
Lors de sa communication, le gouvernement a insisté sur l’importance de détecter la maladie le plus tôt possible. Un diagnostic précoce peut permettre une prise en charge plus rapide et améliorer les possibilités de traitement.
Pendant la campagne, le dépistage est annoncé comme gratuit, tandis que la mammographie est proposée au tarif de 2 000 FCFA, selon les informations communiquées par le porte-parole du gouvernement, Amadou Coulibaly.
L’objectif est de faciliter l’accès aux examens et d’inciter davantage de personnes à se rapprocher des structures sanitaires.
Des équipements de diagnostic dans les CHU et les hôpitaux de l’intérieur
Pour renforcer la détection et la prise en charge des cancers, la Côte d’Ivoire dispose notamment du Centre national d’oncologie médicale et de radiothérapie Alassane Ouattara (CNRAO) et de l’Institut de médecine nucléaire d’Abidjan (IMENA), installés au CHU de Cocody.
Les quatre centres hospitaliers universitaires d’Abidjan — Cocody, Angré, Treichville et Yopougon — sont également équipés de matériels destinés au dépistage, au diagnostic et à la prise en charge des cancers.
Le gouvernement affirme que les populations de l’intérieur du pays sont également concernées par le dispositif. Les centres hospitaliers régionaux et les hôpitaux généraux sont équipés de mammographes, tandis qu’un appareil mobile acquis en 2025 permet d’organiser des opérations de dépistage dans les zones rurales éloignées des centres de santé.
L’enjeu est notamment de réduire les difficultés d’accès aux examens pour les femmes vivant loin des grands centres urbains.
Un centre d’oncologie attendu à Grand-Bassam
Le dispositif de prise en charge doit être renforcé avec l’ouverture annoncée en décembre 2026 du Centre national de radiothérapie et d’oncologie médicale de Grand-Bassam.
Cette infrastructure doit contribuer à accroître les capacités nationales de traitement et à élargir l’accès aux soins spécialisés.
Parallèlement, les autorités mettent en avant les mesures prises pour réduire le coût de certains traitements. Selon le compte rendu gouvernemental, des conventions conclues avec de grandes firmes pharmaceutiques ont permis de rendre quasi gratuits certains traitements dont le coût pouvait atteindre 3 à 4 millions FCFA pour les personnes inscrites au programme concerné.
La prise en charge des cancers pédiatriques constitue également un axe de cette politique sanitaire. À l’Hôpital Mère-Enfant de Bingerville, un pavillon est consacré aux cancers de l’enfant. Le gouvernement indique que 90 % des traitements concernés y sont pris en charge gratuitement.
Le taux de survie à cinq ans aurait doublé
Au cours de la présentation, le porte-parole du gouvernement a également fait état d’une amélioration des résultats de la prise en charge. Selon les chiffres communiqués, le taux de survie à cinq ans aurait doublé.
Cette progression est présentée par les autorités comme un indicateur des efforts engagés en matière de diagnostic et de traitement. Le compte rendu ne précise toutefois pas les valeurs de départ et d’arrivée ni la période utilisée pour mesurer cette évolution.
Au-delà des équipements et des dispositifs de prise en charge, la détection précoce demeure donc une priorité. Les chiffres présentés lors du Conseil des ministres rappellent l’importance de la sensibilisation, de l’accès aux examens et de l’orientation des patients vers les structures adaptées.
À travers Octobre Rose, les autorités entendent encourager les populations à se faire dépister et à mieux connaître les possibilités de prise en charge offertes par le système de santé ivoirien.
Chris MONSEKELA






























