Embouteillages au carrefour Gendarmerie d’Abobo : Des mesures urgentes attendues de Kandia Camara

Carrefour Gendarmerie à Abobo : les embouteillages compliquent les déplacements des usagers.

À Abobo, le carrefour Gendarmerie est devenu un véritable point noir de la circulation. Entre les travaux de l’échangeur et du métro d’Abidjan, les gares de gbaka, les activités commerciales, les nids-de-poule et le non-respect de la signalisation, les usagers subissent de longues heures d’embouteillages à Abobo. Des mesures urgentes d’organisation s’imposent. Tous les regards se tournent vers la maire d’Abobo, Kandia Camara.

Carrefour Gendarmerie : un axe stratégique paralysé

Traverser le carrefour Gendarmerie, à Abobo, peut désormais prendre près d’une heure, selon les périodes et l’intensité du trafic. Une situation difficilement acceptable pour les automobilistes, les conducteurs de transport en commun, les motocyclistes et les nombreux usagers qui empruntent quotidiennement cet axe.

Situé sur l’autoroute A1, qui relie notamment Adjamé à Anyama en passant par Abobo, ce carrefour occupe une position stratégique dans la circulation au nord d’Abidjan. Mais entre les travaux de construction de l’échangeur de la Gendarmerie et ceux du métro d’Abidjan, la circulation est fortement perturbée.

Sur cet axe conçu pour accueillir plusieurs voies dans chaque sens, la circulation se retrouve localement réduite à une voie par sens à l’approche du carrefour, en raison des travaux. Cette réduction de capacité suffit déjà à provoquer des ralentissements importants. Mais d’autres facteurs viennent aggraver une situation devenue particulièrement éprouvante pour les usagers.

La mairie, en coordination avec les autorités compétentes, peut contribuer à soulager les usagers en agissant sur ce qui peut l’être dès maintenant

Gares de gbaka, vendeurs et stationnements : un carrefour sous pression

Autour du carrefour, les activités commerciales et de transport occupent une place importante. Une gare de gbaka desservant notamment Yopougon et d’autres communes contribue à concentrer les véhicules dans une zone déjà saturée.

À cela s’ajoutent les vendeurs de légumes et d’ingrédients, dispersés aux abords de la chaussée, alors que le principal marché communal est en reconstruction. Si ces activités répondent à des besoins économiques réels, leur présence dans un espace aussi stratégique complique davantage la circulation lorsqu’elles empiètent sur les zones de passage ou entraînent des arrêts intempestifs.

Les stationnements de gbaka, les manœuvres pour prendre ou déposer des passagers et les véhicules immobilisés à proximité du carrefour finissent par réduire encore la fluidité du trafic.

Un panneau d’interdiction de stationner, mais une règle peu respectée

Le plus surprenant, c’est qu’un panneau d’interdiction de stationner est déjà visible à ce carrefour. Pourtant, cette signalisation ne semble pas suffisamment dissuader certains conducteurs de gbaka, qui continuent de stationner dans la zone, contribuant ainsi à l’engorgement de la circulation.

Une autre difficulté mérite d’être examinée : le panneau ne précise pas la distance sur laquelle l’interdiction doit s’appliquer. Où commence exactement la zone concernée ? Où prend-elle fin ? Cette absence de précision apparente peut entretenir la confusion sur le périmètre à respecter et compliquer l’application uniforme de la règle.

Il ne suffit donc pas d’installer un panneau pour assurer la fluidité du trafic. Encore faut-il que la signalisation soit suffisamment explicite, que les conducteurs la respectent et que les services compétents veillent à son application.

La mairie de Kandia Camara devrait demander une vérification de la signalisation existante, en coordination avec les autorités chargées de la circulation, afin de déterminer si un périmètre d’interdiction clairement délimité peut être matérialisé. Si oui, il faut le préciser sur le panneau. Les contrôles devraient ensuite être organisés de manière régulière, dans le respect des compétences de chaque service.

Car une interdiction qui n’est pas respectée, ou dont le champ d’application reste imprécis, risque de demeurer sans effet sur le terrain.

Autour du carrefour, les activités commerciales et de transport occupent une place importante.

Kandia Camara face à l’urgence : quelles mesures prendre ?

Face à cette situation, l’action municipale ne peut pas se limiter au constat. Même si les grands travaux relèvent de plusieurs autorités et structures compétentes, la mairie peut jouer un rôle important dans la coordination des interventions et l’organisation des activités qui encombrent les abords du carrefour.

Une première mesure consisterait à faire étudier et matérialiser, avec les services compétents, un périmètre de dégagement autour du carrefour. Une distance de 200 mètres pourrait notamment être examinée comme base de travail, en tenant compte de la configuration des lieux, des accès nécessaires et des règles applicables.

Dans ce périmètre, plusieurs actions mériteraient d’être engagées :

L’objectif n’est pas de déplacer arbitrairement les acteurs économiques ni de demander à la mairie d’exercer des pouvoirs qui ne lui appartiennent pas. Il s’agit plutôt d’obtenir une action concertée entre la municipalité, les services chargés de la circulation, les autorités du transport et les responsables des travaux.

Les contrôles de police doivent aussi tenir compte de la fluidité

Les contrôles des motocyclistes et des autres usagers répondent à des objectifs de sécurité et de respect de la réglementation. Mais lorsqu’ils sont organisés à un endroit déjà saturé, sans dispositif adapté de gestion du trafic, ils peuvent contribuer à allonger les files de véhicules.

Il serait donc utile que les services concernés examinent les modalités de ces contrôles au carrefour Gendarmerie. Lorsque cela est compatible avec les impératifs de sécurité, leur organisation pourrait être adaptée pour éviter de bloquer davantage la circulation.

La mairie ne peut pas se substituer aux forces de l’ordre. Elle peut toutefois solliciter une concertation avec les responsables compétents afin que les opérations de contrôle tiennent compte de la situation particulière de cet axe.

Nids-de-poule : des réparations à ne pas reporter

Les travaux de l’échangeur et du métro ne sont pas les seuls éléments qui compliquent les déplacements. Les nids-de-poule observés sur certaines portions obligent les conducteurs à ralentir, à changer brusquement de trajectoire ou à effectuer des manœuvres qui perturbent le flux des véhicules.

Sans attendre la fin des grands chantiers, un diagnostic rapide des dégradations de la chaussée devrait être réalisé. Les services compétents, en lien avec les gestionnaires de la route et les entreprises chargées des travaux, pourraient identifier les réparations urgentes et intervenir sur les points les plus problématiques, dans le respect des contraintes du chantier.

Une meilleure signalisation temporaire, des marquages visibles et une coordination des interventions permettraient également de limiter les risques et les ralentissements évitables.

Un plan d’urgence de 30 jours pour désengorger le carrefour

Plutôt que de multiplier les annonces, les autorités concernées pourraient mettre en place un plan d’action d’urgence sur 30 jours, avec des objectifs précis et une évaluation hebdomadaire.

La première semaine serait consacrée au diagnostic, à la vérification des panneaux et à la concertation entre les services concernés. La deuxième permettrait de matérialiser les zones de stationnement interdit, de réorganiser les arrêts des gbaka et de définir des espaces adaptés aux vendeurs. Les semaines suivantes serviraient à renforcer les contrôles, traiter les dégradations prioritaires de la chaussée et mesurer les résultats.

Des indicateurs simples pourraient être suivis : temps moyen de traversée du carrefour, longueur des files aux heures de pointe, nombre de stationnements gênants constatés et respect des zones de dégagement.

Une telle démarche permettrait de vérifier rapidement quelles mesures fonctionnent et d’ajuster celles qui produisent peu d’effets.

Kandia Camara attendue sur l’organisation immédiate de la circulation

Les travaux de l’échangeur de la Gendarmerie et du métro d’Abidjan sont destinés à améliorer les déplacements à terme. Mais leurs bénéfices futurs ne doivent pas faire oublier les difficultés quotidiennes des populations qui vivent, travaillent ou circulent à Abobo.

La mairie, en coordination avec les autorités compétentes, peut contribuer à soulager les usagers en agissant sur ce qui peut l’être dès maintenant : stationnements gênants, organisation des gares de gbaka, occupation commerciale des abords, signalisation, contrôles et dégradations de la chaussée.

Le panneau d’interdiction de stationner déjà visible au carrefour montre d’ailleurs que la question n’est pas seulement celle de l’existence des règles, mais aussi de leur clarté et de leur application effective.

Kandia Camara et les services concernés sont donc attendus sur des mesures concrètes, coordonnées et rapidement évaluables. Car même si les grands chantiers imposent des contraintes, une meilleure organisation du carrefour Gendarmerie pourrait déjà permettre de réduire les embouteillages et d’améliorer le quotidien des usagers.

 

Franck ETTIEN

Journaliste et Politologue

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